COVID-19 : quel impact sur le marché de l’automobile ?

            Le 17 mars 2020 a mar­qué le début des restric­tions de déplace­ments, avec le pre­mier con­fine­ment des­tiné à lut­ter con­tre l’épidémie de Covid-19, et de nom­breux secteurs se sont vus forte­ment impactés par les divers­es mesures pris­es par le gou­verne­ment au fil des 12 derniers mois.

Une année mar­quée par une baisse de l’utilisation des véhicules

            Avec une baisse sig­ni­fica­tive des déplace­ments et de l’utilisation des moyens motorisés, le secteur auto­mo­bile n’a pas tardé à en ressen­tir les con­séquences. Alors que de plus en plus de con­ces­sion­naires pro­posent un essai avant l’achat, la fer­me­ture des points de ventes pen­dant le con­fine­ment a con­sti­tué un obsta­cle sup­plé­men­taire aux ventes. Même si le gou­verne­ment s’est engagé aux côtés des con­struc­teurs et des con­ces­sion­naires en pro­longeant les primes pour l’achat de véhicules hybrides et élec­triques, le secteur a con­nu une baisse con­sid­érable de ses ventes. La prime à la con­ver­sion pou­vant attein­dre les 5000 € dans le cadre d’un véhicule élec­trique ou hybride recharge­able ain­si que le bonus écologique pou­vant aller jusqu’à 27% du prix du véhicule sem­blaient pour­tant promet­teurs pour les ventes. 

 

Les ventes de véhicules neufs et d’oc­ca­sion en chute libre 

            Les pro­fes­sion­nels du secteur s’étaient pré­parés à un pre­mier semes­tre douloureux, mais pari­aient sur un redé­col­lage au sec­ond semes­tre. Redé­col­lage qui n’a pas eu lieu avec l’annonce d’un sec­ond con­fine­ment à l’au­tomne. Ain­si, d’après le CCFA (Comité des con­struc­teurs français d’automobiles), au mois de novem­bre 2020, les ventes de voitures neuves ont chuté de 70% alors même que celles des voitures d’occasion ont bais­sé de 90%. Au cours des deux pre­miers mois de 2021, le secteur auto­mo­bile affiche un recul de 20,95% et ce sont les con­struc­teurs français qui sont le plus impactés avec un recul de 24,42%, tan­dis que les mar­ques étrangères n’enregistrent que 15,56% de recul. Le cou­vre-feu à 18 heures sonne comme le coup de grâce pour les con­ces­sion­naires, qui peinent à con­clure des ventes sur les horaires de tra­vail. Ce cou­vre-feu représente une à deux heures de vente per­dues chaque soir, mais aus­si pen­dant les week-ends, c’est une part con­sid­érable des oppor­tu­nités de vente qui dis­paraît. La dis­pari­tion des par­ti­c­uliers chez les con­ces­sion­naires — par­ti­c­uliers qui représen­tent 45% des imma­tric­u­la­tions — se traduit par une mal­heureuse baisse de 20,95% des imma­tric­u­la­tions sur févri­er 2021, en com­para­i­son avec févri­er 2020.

 

L’hy­bride et l’élec­trique asymp­to­ma­tiques à la crise ?

            Alors que la crise san­i­taire s’est avérée dévas­ta­trice pour la vente de véhicules neufs et d’occasion, les voitures hybrides et élec­triques ont su tir­er leur épin­gle du jeu. Les ventes de ces nou­veaux véhicules ont été mul­ti­pliées par trois en un an et représen­tent ain­si plus de 20% des imma­tric­u­la­tions. Les ventes des véhicules élec­triques provi­en­nent en majorité des con­struc­teurs de l’hexagone avec les Zoé et e‑208, respec­tive­ment com­mer­cial­isées par Renault et Peu­geot, Tes­la prenant ensuite la pole posi­tion à par­tir de Mars grâce à la Mod­èle 3.

Toy­ota, pio­nnier de la motori­sa­tion hybride dans le monde, affiche aus­si son ambi­tion à se con­ver­tir au 100% élec­trique avec l’annonce récente de son con­cept bZ4X. Si les con­struc­teurs sont poussés par la régle­men­ta­tion européenne, qui impose des émis­sions moyenne de CO2 par kilo­mètres tou­jours plus bass­es, l’élan des Français dans l’achat de ces voiture pro­pres tient aux aides impor­tantes mis­es en place par les pou­voirs publics.

            Alors que le marché de l’automobile peine à retrou­ver son régime ini­tial, l’analyse des préoc­cu­pa­tions des con­som­ma­teurs sem­ble plus que jamais essen­tielle. C’est grâce à une meilleure com­préhen­sion que les con­ces­sion­naires et les fab­ri­cants pour­ront, nous l’espérons bien­tôt, retrou­ver leurs ventes d’origine et tir­er un trait sur les dif­fi­cultés de l’année passée.